5/06/2012

PostHeaderIcon La carta de Valerie, Alan Moore

V For Vendetta
2006
James McTeigue
Andy Wachowski & Larry Wachowski
(Cómic: Alan Moore)
La carta de Valerie

Sé que no hay forma de convencerte de que este no es otro de sus trucos, pero no me importa yo, soy yo. Me llamo Valerie, no creo que viva mucho más y quería contarle a alguien mi vida. Esta es la única autobiografía que voy a escribir y dios!!, la estoy escribiendo en papel higiénico. Nací en Nottingham en 1985. No recuerdo mucho mi infancia pero si recuerdo la lluvia. Mi abuela tenía una granja en TotterBroock y solía decirme que Dios estaba en la lluvia. Al acabar el colegio, ingrese en un Instituto para chicas, fue allí donde conocí a mi primera novia, se llamaba Sarah. Recuerdo sus muñecas, eran preciosas, creía que nos amaríamos eternamente. Recuerdo que nuestro profesor nos decía que era una fase adolescente que pasaría, a Sarah se le pasó, a mi no. En 2002 me enamoré de una chica que se llamaba Cristina, aquel año se lo dije a mis padres, fui capaz porque cristina estuvo a mi lado cogiéndome la mano. Mi padre no podía mirarme, me dijo que me fuera y que no volviera jamás, mi madre… no dijo nada. Solo les había dicho la verdad, ¿tan egoísta fui? Nuestra integridad vale tan poco… Pero es todo cuanto realmente tenemos, es el último centímetro que nos queda de nosotros, si salvaguardamos ese centímetro somos libres. (…)

Siempre supe lo que quería hacer con mi vida, y en 2015 protagonice mi primera película: Las Salinas. Fue el papel más importante de mi vida. No a nivel profesional, si no a nivel personal, porque conocí a Ruth. La primera vez que nos besamos… sentí que no quería volver a besar otros labios que no fueran los suyos. Fuimos a vivir juntas a un apartamento en Londres, sembró Violet Carson en los maceteros de la ventana, y toda la casa olía a rosas. Fueron los mejores años de mi vida. Pero la guerra norteamericana se recrudecía cada vez más. Hasta que finalmente alcanzó Londres. Después de eso no hubo más rosas; para nadie. (….)

Recuerdo como empezó a cambiar el significado de las palabras, palabras con las que no estábamos familiarizados como colateral y entrega, empezaron a dar miedo. Mientras que otras como fuego nórdico y artículos de lealtad empezaron a cobrar poder. Recuerdo que diferente pasó a significar peligroso, aún no lo entiendo… ¿Por qué nos odian tanto? Detuvieron a Ruth mientras hacía la compra… nunca en mi vida he llorado tanto… No tardaron en venir a por mí. Es extraño que tenga que pasar el final de mi vida en un lugar tan horrible, pero durante tres años, recibí rosas, y no tuve que arrodillarme ante nadie. Moriré aquí, cada centímetro de mí perecerá, cada centímetro… salvo uno. Un centímetro, algo pequeño y frágil, y lo único que merece la pena conservar en el mundo. Nunca debemos perderlo o entregarlo, nunca debemos dejar que nos lo arrebaten… Espero seas quien seas que escapes de este lugar, espero que el mundo cambie y que las cosas mejoren, pero lo que espero por encima de todo, es que entiendas lo que quiero decir cuando te digo que aunque no te conozca, y aunque puede que nunca llegue a verte, a reírme contigo, a llorar contigo o a besarte… te quiero, con todo mi corazón… te quiero.

Valerie






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~Valerie's letter:
I know there’s no way I can convince you this is not one of their tricks, but I don’t care. I am me. My name is Valerie. I don’t think I’ll live much longer and I wanted to tell someone about my life. This is the only autobiography that I will ever write and, God, I’m writing it on toilet paper. I was born in Nottingham in 1985. I don’t remember much of those early years, but I do remember the rain. My grandmother owned a farm in Tottle Brook and she used to tell me that God was in the rain. I passed my Eleven Plus and went to girls’ grammar. It was at school that I met my first girlfriend. Her name was Sarah. It was her wrists, they were beautiful. I thought we would love each other for ever. I remember our teacher telling us that it was an adolescent phase that people outgrew. Sarah did. I didn’t.

In 2002, I fell in love with a girl named Christina. That year I came out to my parents. I couldn’t have done it without Chris holding my hand. My father wouldn’t look at me. He told me to go and never come back. My mother said nothing. But I’d only told them the truth. Was that so selfish? Our integrity sells for so little, but it is all we really have. It is the very last inch of us, but within that inch we are free.

I’d always known what I wanted to do with my life, and in 2015 I starred in my first film, The Salt Flats. It was the most important role of my life, not because of my career, but because that was how I met Ruth. The first time we kissed, I knew I never wanted to kiss any other lips but hers again. We moved to a small flat in London together. She grew Scarlet Carsons for me in our window box, and our place always smelt of roses. Those were the best years of my life. But America’s war grew worse and worse, and eventually came to London. After that, there were no roses anymore, not for anyone. I remember how the meaning of words began to change; how unfamiliar words like “collateral” and “rendition” became frightening, while things like “Norsefire” and the “Articles of Allegiance” became powerful. I remember how “different” became dangerous. I still don’t understand it, why they hate us so much.

They took Ruth while she was out buying food. I’ve never cried so hard in my life. It wasn’t long till they came for me. It seems strange that my life should end in such a terrible place, but for three years I had roses and apologised to no-one. I shall die here. Every inch of me shall perish. Every inch but one. An inch - it is small and it is fragile, and it is the only thing in the world worth having. We must never lose it or give it away. We must never let them take it from us. I hope that, whoever you are, you escape this place. I hope that the world turns and that things get better. But what I hope most of all is that you understand what I mean when I tell you that even though I do not know you, and even though I may never meet you, laugh with you, cry with you, or kiss you, I love you. With all my heart, I love you.

Valerie.











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~Lettre de Valerie:
Je sais qu'il n'existe aucun moyen de vous prouver que ce n'est pas une de leurs machinations mais ce n'est pas grave. Ca vient de moi. Mon nom est Valérie. Je crois que ma vie touche à sa fin et je veux raconter ma vie à quelqu'un. C'est la seule et unique autobiographie que j'aurais écrite. Et Seigneur ! Je l'écris sur du papier toilette !
Je suis née à Nottingham en 1985. Je ne garde pas beaucoup de souvenirs de mon enfance mais je me souviens de la pluie. Ma grand-mère possédait une ferme et nous disait que Dieu était dans chaque goutte de pluie.
J'ai passé mes examens et je suis rentrée dans un collège pour filles. C'est là que j'ai rencontré l'amour pour la première fois. Elle s'appelait Sara. J'adorais ses poignets, ils étaient ravissants. J'ai cru que notre amour durerait toujours. Je me rappelle que notre professeur nous disait que c'était normal à notre âge mais que ça passerait. Ce fut le cas pour Sara mais pas pour moi.

En 2002 je suis tombée amoureuse d'une dénommée Christine. Il a fallu l'annoncer à mes parents. Je n'en aurais jamais eu le courage si Christine ne m'avait pas tenu la main. Mon père était furieux. Il m'a dit de partir et de ne jamais revenir. Ma mère, elle, s'est contentée de pleurer.
Mais je leur avais dit la vérité. Etait-ce si égoïste de ma part ? Notre intégrité est facile à ignorer mais elle est vitale. C'est une force invisible qui coule dans nos veines. C'est grâce à elle que nous sommes libres.

J'ai toujours su ce que je voulais faire. Et en 2015 j'ai tourné dans mon premier film, The Salt Flats. Ce rôle a été un tournant dans ma vie. Pas professionnellement mais parce que j'y ai rencontré Ruth. La première fois que nous nous sommes embrassées j'ai su que je ne voudrais jamais poser mes lèvres sur d'autres lèvres que les siennes. Nous avons emménagé ensemble dans un petit appartement à Londres. Sur le bord de la fenêtre, elle faisait pousser des Scarden Carsen et l'air embaumait des effluves de roses. Ce furent les plus belles années de ma vie.
Mais la guerre qu'avait déclenché l'Amérique s'était envenimée et s'était propagée jusqu'en Angleterre. A partir de ce moment là, le temps des roses fut terminé, pour tout le monde.
C'est à ce moment là que le sens des mots a commencé à changer. Certains d'entre eux assez inusité tels que collatéral ou fanatisme nous glacèrent le sang. D'autres tel que acqueciser ou article d'allégeance reflétaient une puissance brutale. Et différent dès lors, devint synonyme de dangereux. Je n'ai toujours pas compris pourquoi ils nous haïssaient autant.

Ils ont raflé Ruth alors qu'elle rentrait à la maison. Je n'ai jamais autant pleuré de mon existence. Peu de temps après c'était mon tour.
Il est difficile de concevoir que c'est dans un si terrible endroit que mon coeur va s'arrêter. Mais durant trois ans j'avais eu une rose à mes côtés et aucun compte à rendre. Je vais mourir ici. Et tout ce que je suis disparaîtra. Tout ou presque. Il restera mon intégrité. Cette force invisible qui coulait dans mes veines et que personne au monde ne pourra m'enlever. Nous devons nous battre pour la protéger et la garder vivante pour l'éternité.
Je vous souhaite qui que vous soyez de vous échapper de cet endroit. J'espère qu'avec le temps, les choses se sont améliorées. Mais d'abord et par-dessus tout, je veux que vous sachiez que bien que je ne vous connaisse pas et ne vous connaîtrai jamais, que nous n'ayons partagé ni rire ni larme ni baiser, je vous aime. De tout mon coeur. Je vous aime.

Valérie.










4/26/2012

PostHeaderIcon Chantal Maillard, Escribir

 escribir

para curar
en la carne abierta
en el dolor de todos
en esa muerte que mana
en mí y es la de todos

escribir

para ahuyentar la angustia que describe
sus círculos de cóndor
sobre la presa

aunque en el alma no

en el alma
la estimación del tiempo que concluye
y es arriba
algo más que un silencio
con ojos semiabiertos

escribir

como condescendencia y como rebeldía
sin elección
sin pausa
porque se va la luz, las fuerzas
se le acaban
y el ser se va de vuelo
en las garras de un ave
carroñera

escribir

para decir el grito
para arrancarlo
para convertirlo
para transformarlo
para desmenuzarlo
para eliminarlo
escribir el dolor
para proyectarlo
para actuar sobre él con la palabra

escribir

para descansar
(escribir que el sol, en invierno, es hermoso)

por no llorar tan dentro
tan a escondidas

escribir

hacia la extenuación
para que se derrame el dolor contenido
desde el inicio del mundo

escribir
para rebelarse
sin provecho

a pesar de la derrota ya prevista

porque no hay rebeldía que no esté justificada
ni violencia que no sea, en el fondo,
inocente,
escribir

con derecho al llanto

escribir para curar
escribir para guarecerse
escribir como si cerrase los ojos
para no cerrarlos
para mover la mano y seguir su curso
para sentirse viva
AÚN
para aplazar la angustia
como simulación
para guiar la mente y que no se desboque
para controlar lo controlable

escribir

como quien deja la luz encendida
y duerme de pie sobre sí mismo
para saldar las cuentas con el miedo

escribir
para reorganizar

escribir
sin hacer concesiones

escribir
como quien des-espera
para cauterizar
para tomarle las medidas al miedo
para conjurar
para morder de nuevo el anzuelo de la vida
para no claudicar

escribir
para apuntar al blanco

escribir
con palabras pequeñas
palabras cotidianas
palabras muy concretas
palabrasojo
palabras animales
palabrasbocadegato
áperas por dentro y por fuera
suaves como “tal vez”
palabraslatigazo
como “demasiado” y “tarde”

escribir
para no mentir
para dejar de mentir
con palabras abstractas
para poder decir tan sólo lo que cuenta

decir que a las once
de la noche de hoy
mientras la luz calienta
el lado izquierdo de mi almohada
y la sábana verde se desdobla
en el espejo del armario
estoy en mí
en el lugar en que acostumbro
a encontrarme
en este aquí hecho de extraña
duración en lo mismo
repitiéndome
la carne dolorida
los huesos lastimados
los nervios, la piel
tirante, amoratada
el pelo encanecido
el grito sólo postergado
y hoy a las once
de la noche de hoy
mientras la luz calienta
el lado izquierdo de mi almohada

muere un niño
o dos o no sé cuántos
mueren y una anciana dice
sus últimas palabras
o no las dice y muere
y es otra la que habla
pero no habla, dice
apenas dice y muere
sin decir
apenas
nada
y algo se me atraganta
tal vez un alarido
largo como las once horas de esta noche
o tal vez la conciencia
que duerme encendida
como una lumbre la conciencia
de todos los que mueren
como una fogata
un espantoso incendio
que prende en las ventanas
de la ciudad y en el mar no se apaga
una conciencia absurda
una antorchahorizonte
la conciencia de todos los que saben
que se están acabando
en sus huesos de antorcha
hoy, mañana, siempre

escribir
todas las muertes son mi muerte
mi grito es el de todos
y no hay consentimiento
escribir

¿para consentir?
¡escribir para rebelarse!
no hay lugar para plegarias
no hay lugar para el sosiego
el ajuste de las almas
se hace en rebeldía

Estamos solas
y nos pertenecemos.
En nosotras está el poder
Somos un pueblo de almas
en rebeldía
¡Despertad!
Lo que escribo aquí
se traza en el aire
el dolor es la senda
el dolor es el medio
por el dolor la fuerza
que combate el dolor
y lo transforma
por el dolor deshago
mi dolor en lo ajeno
y el ajeno en el mío

escribir

para des-esperar
por todos los que están
por todos
los que fueron
los desaparecidos
escribir para cuidar
sus des
apariciones
para alimentarlas
para que no se enturbien
no tan pronto
no tan siempre
pronto

escribir

para desestructurar
para vencer
las estructuras
para contra
decir
lo dicho
para demoler

escribir

para desestimar
para aprender la delgadez del trazo
su vacío
habituarse a él
a su insignificancia

escribir
para insignificar

escribir

inútilmente
para ejercer lo inútil
para abrazar lo inútil
para hacer de la inutilidad un manantial

escritura como sortilegio

- volé esta madrugada
más alto que ninguna otra vez

Cada noche, en la duración de un grito
viene una sombra nueva

Cada noche, en la duración de un grito,
un alma acude a mí.
La acojo.
En el grito.
Ella no dura. Sólo se abre.
Y hay que entrar. Suavizar.
No hay que recordar.
Tan sólo entrar.
Respirando. -

escribir luego
para reforzar
los frágiles puentes
los conductos sutiles
con temor
de que se borren
en el espacio leve
entre lo presentido y lo sentido

Escribir
para desescribir
para desdecir
para reorganizar
las consciencias y
que cada una cumpla
su ceguera
El espacio de las almas
ha de guardarse oculto
En la palabra está el engaño

escribir pues
para confundir
para emborronar
y, luego, volver a escribir
en el orden que conviene
el mundo que hemos aprendido

escribir

como quien cuenta los pasos que da
por no oír el silencio
como quien cuenta pasos - uno, dos -
y se salta el tercero -cuatro, cinco-
para ver si se ha ido
para comprobar
pero no: sigue estando
y ya no dejará de andar
para contar los pasos
hasta caer exhausto
en el silencio enorme que se ensancha
entre sus piernas como un charco
de sangre

escribir

porque el héroe se hace con el miedo
sobre todo su miedo
a partir de su miedo
se hace héroe el héroe
ahuecando el miedo
y llenándolo de acción
para entumecerlo
haciendo tiempo en lo hermoso
haciendo tiempo en lo vivo

yo no soy ningún héroe
yo sólo escribo
para colmar la distancia
entre mi miedo y yo

escribir
“Se pone un abrigo de cuero.”
escribir
“Un hombre joven se levanta del asiento.
Se pone un abrigo de cuero.
Lleva gafas oscuras.
Se vuelve.
Su espalda es ancha.
Se dirige a la puerta.
No sé qué hará mañana.
No le conozco.
Ha cruzado la vía.
El cristal me devuelve mis ojos
y esa tristeza que se mide en mis labios.
El hombre joven tal vez camina hacia una casa.
Tal vez sea su casa.”

escribir
“En mi rostro el paisaje
- atravesándolo -
el paisaje.”

escribir
“Tiene las uñas recortadas.”
escribir
“Se desprende, muy lenta, de una frase,
la desliza en el cuaderno y espera.
Tiene las uñas recortadas
y una blusa de encaje.
Lleva una bolsa de color violeta
en las rodillas.
Cuando respira hace juego
con los versos de Sylvia Plath.
Hay un desfiladero en su mirada
y no termina de cruzarlo.”

escribir
para confundir las palabras
y que las cosas aparezcan

(Campos de limoneros cargados con sus frutos. Y cañizales
separando sembrados. Y vinagreras cubriendo de oro las taludes…)

que las cosas presionen
que un mundo se abra paso
(Es invierno, y ya crecen el trigo y la alfalfa. Aún hay campos entre ciudades y hermosos pueblos y una anciana se sienta en un portal con un rayo de sol en su regazo.
La tierra arada humea bajo el sol y los olivos jóvenes tensan sus cuerpos retorcidos hacia el cielo. Creciendo.
Crecer es ascender.
Crecer es ensancharse.
Crecer es romper límites.
Crecer es invadir…)

que estallen los cristales de mis manos
que abran ojos en las letras

(Hileras de olivos.
Sus sombras paralelas…)

escribir
para rastrear

escribir

para perdonar
para ser perdonado

¿Dónde hallaré al sacerdote,
al mediador, aquel que tenga
conocimiento de los límites
y el poder de traspasarlos?
¿dónde hallaré a aquel
capaz de arder sin consumirse
y, entre los muertos y los vivos,
ecualizar
transformar, ¡bendecir!?

escribir

para hallar la paz
después de haber hablado
con los muertos

escribir

para sellar la paz
para conciliar
en mí
para perdonar en mí

escribir

la culpa misma que golpea y se licúa
en el pecho
y surte y es agua que mana
con fuerza y que nos une
agua que forma
remolino de amor irradiando

todas las culpas son
el mismo sufrimiento
el de existir queriendo
queriendo serlo todo
queriéndolo todo
y todo está en mis manos
en esta encrucijada donde permanecemos
el tiempo suficiente
para sufrirlo todo

en mi interior barrunto el gran estruendo:
todo el dolor del mundo me pesa entre los muslos

abrid los ojos: ¡ved!
es tan terrible vivir
¡quien sobrevive saluda!
morituri somos todos

toda la historia de tu estirpe
está presente y te reclama
como crisol
eres
la mediadora
operas
en ti misma el milagro
de la conciliación

y de repente soportas
el peso del mundo y su dolor
lo bebes todo entero.
Agradecida.

escribir

porque crujen las rodillas
y hay como un sueño
esperando ser soñado
justo detrás del dolor.

- Hoy observé las gaviotas.

He de volar muy alto esta noche.
He de volar sin lastre.
Hasta que amanezca.-

escribir
“otoño”
para recordar cómo
uníamos castañas con palillos de dientes
y surgían princesas y perros y dragones
y mi madre era hermosa
y ¿quién sabe? tal vez
fue feliz, también ella,
ese día.

escribir

para arquear el espinazo de las letras
a imagen del dolor
para trazar las líneas de la vida
líneas que se encogen
líneas retráctiles
como nervios apresados en la carne
como venas quebradizas
venenos infiltrados
en las arterias, líneas
que merodean en torno al corazón
calado por la angustia
y el cansancio
líneas como cables tendidos
entre una vida y otra menos vida
líneas ultracortas
líneas entrecortadas
líneas respiradero
líneas túnel
para desembocar
en el horizonte
recuperar allí
las fuerzas del principio pero
líneas quebradas
presionadas
oprimidas, líneas
de vuelta atrás
combadas sobre el tiempo
que queda
el tiempo que nos queda
termitero o volcán
vaciado por los seres (los insectos, la lava)
que operan desde dentro

líneas
de retroceso
¡si fuesen sólo al sueño!
pero no: más abajo.

escribir
como quien muerde un rayo
con los brazos en cruz

escribir
que sus pulmones se cerraron
como las alas de una
mariposa.
Dejó un rastro de polvo azul
en los dedos de quienes fueron
a tocarla

escribir
como aquel que se fuga de un hospital y arrastra tras de sí
las sondas, el goteo, la máscara de oxígeno y corre
sobre agujas envenedadas

¡Despertad!
¡nadie podrá evitarlo!
sólo es cuestión de tiempo
contad los gritos que dais
en el fondo del agua
¡Contad los gritos!

cada cual con su dolor a solas
el mismo dolor de todos

- Alguien disimula. Sonríe,
devuelvo la sonrisa. Sé
que para él ya oscureció.
También él lo sabe.
Pero se esfuerza. Todos
nos esforzamos.
Gritar es esforzarse.
Gritar es rebelarse. -

escribir
porque alguien olvidó gritar
y hay un espacio en blanco
ahora, que lo habita

escribir
porque es la forma más veloz
que tengo de moverme

escribir

¿y no hacer literatura?

¡y qué más da!

hay demasiado dolor
en el pozo de este cuerpo
para que me resulte importante
una cuestión de este tipo.
Escribo

para que el agua envenenada
pueda beberse.
4/07/2012

PostHeaderIcon Akiyuki Nosaka, La tumba de las luciérnagas



LA TUMBA DE LAS LUCIÉRNAGAS  
火垂るの墓
Hotaru no Haka 

Estaba en la estación Sannomiya, lado playa, de los ferrocarriles nacionales, el cuerpo hecho un ovillo, recostado en una columna de hormigón desnuda, desprovista de azulejos, sentado en el suelo, las piernas extendidas; aunque el sol le había requemado la piel, aunque no se había lavado en un mes, las mejillas demacradas de Seita se hundían en la palidez; al caer la noche contemplaba las siluetas de unos hombres que maldecían a voz en grito—¿imprecaciones de almas embrutecidas?—mientras atizaban el fuego de las hogueras como bandoleros; por la mañana distinguía, entre los niños que se dirigían a la escuela como si nada hubiera sucedido, los furoshiki[1] de color blanco y caqui del Instituto Primero de Kobe, las carteras colgadas a la espalda del Instituto Municipal, los cuellos de las chaquetas marineras sobre pantalones bombachos de la Primera Escuela Provincial de Shôin, situada en la parte alta de la ciudad; entre la multitud de piernas que pasaban incesantemente junto a él, algunos, al percibir un hedor extraño—¡mejor si no se hubieran dado cuenta!—, bajaban la mirada y esquivaban de un salto, atolondrados, a Seita, que ya ni siquiera se sentía con fuerzas para arrastrarse hasta las letrinas que estaban frente a él.

Los niños vagabundos se arracimaban junto a las gruesas columnas de tres shaku[2] de ancho, sentados uno bajo cada una de ellas como si buscaran la protección de una madre; que se hubieran apiñado en la estación, ¿se debía, quizá, a que no tenían acceso a ningún otro lugar?, ¿a que añoraban el gentío que la abarrotaba siempre?, ¿a que allí podían beber agua?, ¿o, quizá, a la esperanza de una limosna caprichosa?; el mercado negro, bajo el puente del ferrocarril de Sannomiya, empezó justo entrar septiembre con bidones de agua, a cincuenta sen[3] el vaso, en los que habían diluido azúcar quemado,  inmediatamente pasó a ofrecer batatas cocidas al vapor, bolas de harina de batata hervida, pastas, bolas de arroz, arroz frito, sopa de judías rojas, bollos rellenos de pasta de judía roja endulzada, fideos, arroz hervido con fritura y arroz con curry, y también pasteles, arroz, trigo, azúcar, frituras, latas de carne de ternera, latas de leche y de pescado, aguardiente, whisky, peras, pomelos, botas de goma, cámaras de aire para bicicletas, cerillas, tabaco, calcetines, mantas del ejército, uniformes y botas militares, botas de cuero... «¡Por diez yenes! ¡Por diez yenes!»: alguien ofrecía una fiambrera de aluminio llena de trigo hervido que había hecho preparar aquella misma mañana a su mujer; otro iba diciendo: «¡Por veinte yenes!, ¿qué tal? ¡Por veinte yenes!», mientras sostenía entre los dedos de una mano unos zapatos destrozados que había llevado puestos hasta unos minutos antes; Seita, que había entrado perdido, sin rumbo, atraído simplemente por el olor a comida, vendió algunas prendas de su madre muerta a un vendedor de ropa usada que comerciaba sentado sobre una estera de paja: un nagajuban, un obi, un han’eri y un koshihimo[4], descoloridos tras haberse empapado de agua en el fondo de una trinchera; así, Seita pudo subsistir, mal que bien, quince días más; a continuación se desprendió del uniforme de rayón del instituto, de las polainas y de unos zapatos y, mientras dudaba sobre si acabar vendiendo incluso los pantalones, adquirió la costumbre de pasar la noche en la estación; y después: un niño, acompañado de su familia, que debía volver del lugar donde se había refugiado—llevaba la capucha de protección antiaérea cuidadosamente doblada sobre una bolsa de lona y acarreaba sobre sus espaldas, colgados de la mochila, una olla, una tetera y un casco—, le dio, como quien se deshace de un engorro, unas bolas de salvado de arroz medio podridas que debían haber preparado para comer en el tren; o bien, la compasión de unos soldados desmovilizados, o la piedad de alguna anciana que debía tener nietos de la edad de Seita, quienes, en ambos casos, depositaban en el suelo con reverencia, a cierta distancia, como si hicieran una ofrenda ante la imagen de Buda, mendrugos de pan o paquetitos cuidadosamente envueltos de granos de soja tostada que Seita recogía agradecido; los empleados de la estación habían intentado echarlo alguna que otra vez, pero los policías militares que hacían guardia a la entrada de los andenes lo defendían a bofetadas; ya que en la estación, al menos, había agua en abundancia, decidió echar raíces en ella y, dos semanas después, ya no podía levantarse.

Una terrible diarrea no lo abandonaba y se sucedían sus idas y venidas a las letrinas de la estación; una vez en cuclillas, al intentar ponerse en pie, sentía que sus piernas vacilaban, se incorporaba apretando su cuerpo contra una puerta cuyo tirador había sido arrancado, y avanzaba apoyándose con una mano en la pared; parecía, cada vez más, un balón deshinchado y, poco después, recostado en la columna, fue ya incapaz de ponerse en pie, pero la diarrea lo seguía atacando implacablemente y en un instante teñía de amarillo la superficie alrededor de su trasero; Seita, aturdido, se sentía morir de vergüenza y, como su cuerpo inerte era incapaz de emprender la huida, intentaba al menos ocultar aquel tinte, arañaba con ambas manos la escasa arena y el polvo del suelo para cubrirlo con ello, pero apenas lograba cubrir una parte insignificante; a los ojos de cualquiera debía parecer que un pequeño vagabundo enloquecido por el hambre estuviera jugueteando con la mierda que se había hecho encima.

Ya no tenía hambre, ni sed, la cabeza le caía pesadamente sobre el pecho, «¡Puaff! ¡Qué asco!», «Debe de estar muerto», «¡Qué vergüenza que estén ésos en la estación! Ahora que dicen que está a punto de entrar el ejército americano»: sólo vivían sus oídos, distinguía los diversos sonidos que lo envolvían; de noche, cuando todo enmudecía de súbito: el eco de unas geta[5] que andaban por el recinto de la estación, el estruendo de los trenes que circulaban sobre su cabeza, pasos que echaban a correr de repente, la voz de un niño: «Mamaaa...», el murmullo de un hombre que hablaba entre dientes cerca de él, el estrépito de los cubos de agua arrojados violentamente por los empleados de la estación. «¿A qué día debemos estar hoy? ¿A qué día? ¿Cuánto tiempo debo llevar aquí?», en instantes de lucidez veía ante sus ojos el suelo de hormigón sin comprender que se había derrumbado sobre su costado, el cuerpo doblado en dos, en la misma postura que tenía cuando estaba sentado; y mirando absorto cómo la tenue capa de polvo del suelo temblaba al compás de su débil respiración, con un único pensamiento: «¿A qué día debernos estar hoy? ¿A qué día debemos estar hoy?», Seita murió.

En la madrugada del veintiuno de septiembre del año veinte de Shôwa,[6] un día después de que se aprobara la Ley General de Protección a los Huérfanos de Guerra, el empleado de la estación que inspeccionaba medrosamente las ropas infestadas de piojos de Seita descubrió bajo la faja una latita de caramelos e intentó abrirla, pero, tal vez por estar oxidada, la tapa no cedió: «¿Qué es eso?», «¡Déjalo ya! ¡Tira esa porquería!», «Este tampoco durará mucho. Cuando te miran con esos ojos vacíos, ya no hay nada que hacer...», dijo uno de ellos, observando el rostro cabizbajo de otro niño vagabundo, más pequeño aún que Seita, sentado junto al cadáver que, antes de que vinieran a recogerlo del ayuntamiento, seguía sin cubrirlo ni una estera de paja; cuando agitó la latita como si no supiera qué hacer con ella, sonó un clic-clic, y el empleado, con un impulso de béisbol, la arrojó entre las ruinas calcinadas de delante de la estación, a un rincón oscuro donde ya había crecido la hierba espesa del verano; al caer, la tapa se desprendió, se esparció un polvillo blanco y tres pequeños trozos de hueso rodaron por el suelo espantando a veinte o treinta luciérnagas diseminadas por la hierba que echaron a volar precipitadamente en todas direcciones, entre parpadeos de luz, apaciguándose al instante.

Aquellos huesos blancos eran de la hermana pequeña de Seita, Setsuko, que había muerto el veintidós de agosto en una cueva de Manchitani, Nishinomiya; la enfermedad que la condujo a la muerte era llamada enteritis aguda; en realidad, incapaz a sus cuatro años de sostenerse en pie y rendida por la somnolencia, la muerte le llegó, como a su hermano, por una debilidad extrema debida al hambre.

El cinco de junio, Kobe fue bombardeado por una formación de trescientos cincuenta b-29 y los cinco barrios de Fukiai, Ikuta, Nada, Suma y Higashi-Kobe quedaron reducidos a cenizas; Seita, estudiante de tercer año de bachillerato, movilizado en un pelotón de trabajo, iba por entonces a la acería de Kobe, pero aquel día, jornada de restricción de luz, se encontraba en su casa, cerca de la playa de Mikage, cuando se anunció el estado de alerta, así que decidió enterrar en el huerto, al fondo del jardín, entre tomates, berenjenas, pepinos y pequeñas legumbres, un brasero de porcelana de Seto en el cual, según un plan preconcebido, había metido el arroz, los huevos, la soja, el bonito seco, la mantequilla, los arenques secos, las ciruelas conservadas en sal, la sacarina y los huevos en polvo de la cocina, y lo cubrió con tierra, tomó en brazos a Setsuko, de quien su madre, enferma, no podía ocuparse, y se la cargó a la espalda, arrancó del marco una fotografía donde posaba en uniforme de gala su padre, un teniente de navío de quien no tenían noticias desde que había embarcado en una fragata, y se la escondió en el pecho; tras los dos bombardeos del diecisiete de marzo y del once de mayo, sabía que, acompañado de una mujer y de una niña, le sería completamente imposible sofocar una bomba incendiaria y que la zanja excavada en el suelo de su casa no le ofrecería protección alguna; así que, ante todo, envió a su madre al refugio antiaéreo reforzado con hormigón que la comunidad de vecinos había instalado detrás del parque de bomberos y, cuando empezaba a embutir en una mochila los trajes de paisano de su padre que estaban en el armario ropero, todas las campanas de los puestos de vigilancia antiaérea sonaron al unísono con un repiqueteo extrañamente alegre; apenas hubo corrido al recibidor, Seita se vio envuelto por el estruendo de bombas que se estrellaban contra el suelo; tras la primera oleada, debido a aquel estrépito espantoso, tuvo la alucinación de que había vuelto de repente el silencio, aunque el retumbar opresivo, ¡rrrrr!, ¡rrrrr!, de los motores de los b-29 no cesaba un instante; hasta aquel día, al volverse y levantar los ojos hacia lo alto, sólo había contemplado, agazapado en el refugio antiaéreo de la fábrica, innumerables estelas que surcaban el cielo tras una infinidad de puntitos diminutos que volaban hacia el este, o bien, apenas cinco días antes, durante el bombardeo a Osaka, un enjambre parecido a un banco de peces que se deslizaba entre las nubes, allá en lo alto, por el cielo de la bahía de Osaka; pero ahora, aquellas enormes figuras volaban tan bajo que, en su ruta desde el mar a la montaña, antes de desaparecer por el oeste, incluso podían distinguirse las gruesas líneas trazadas en el vientre de los fuselajes y el bascular de las alas; las bombas retumbaron de nuevo y Seita quedó inmóvil, clavado en el suelo, como si el aire se hubiera solidificado de repente; se oyó entonces un metálico clinc-clanc: una bomba incendiaria de color azul, cinco centímetros de diámetro y sesenta de largo, había caído al suelo rodando desde el tejado y brincaba en el camino como una oruga geómetra e iba esparciendo aceite; Seita, aturdido, corrió a la entrada de la casa, pero al ver la humareda negra que ya venía fluyendo despacio desde el interior, salió de nuevo, aunque fuera sólo halló una hilera impasible de casas, un espacio desierto y, frente a la casa, una escobilla de apagar el fuego y una escalera de mano apoyada, de pie, contra la valla; debía llegar, como fuese, al refugio donde estaba su madre y emprendió la marcha con Setsuko sollozando a su espalda justo cuando empezaba a salir una humareda negra desde una ventana del primer piso de la casa de la esquina y, simultáneamente, como por simpatía, prendieron unas bombas incendiarias que debían de haber permanecido humeando en el desván y se oyó crepitar los árboles del jardín; las llamas se extendieron por el borde del alero y la puerta corredera, ardiendo, se desprendió y cayó; en un instante, su campo visual se oscureció y la atmósfera se volvió abrasadora; Seita echó a correr con todas sus fuerzas, como si lo empujaran, y huyó hacia el este a lo largo de la vía elevada del ferrocarril de la línea Hanshin con el propósito de llegar al malecón del río Ishiya, pero una muchedumbre que huía en busca de refugio abarrotaba ya el camino: gente que arrastraba pesadas carretas, hombres que cargaban colchones sobre sus espaldas, viejas que llamaban a alguien con voz chillona... Seita, exasperado, se dirigió entonces hacia el mar, mientras las chispas danzaban a su alrededor, envuelto aún por el silbido de las bombas; en el camino, un tonel impermeable de sake de treinta koku[7] roto y anegado en agua, hombres que se disponían a evacuar a los heridos en angarillas; cuando creía haber llegado a una zona desierta, se topó, una calle más allá, con un alboroto frenético de gente que, como en una limpieza general, vaciaba sus casas llevándose incluso los tatamr[8] cruzó la antigua carretera nacional, siguió corriendo por callejas estrechas y, en las afueras de un barrio donde, presumiblemente tras una huida precipitada, ya no quedaba ni un alma, vio las negras bodegas del Gokyó de Nada, tan familiares para él... En verano, cuando se acercaba a aquel barrio, un olor salobre impregnaba el aire, la arena brillaba entre una bodega y otra, a espacios de unos cinco shaku, bajo el sol del verano, y el mar azul profundo asomaba bajo un horizonte sorprendentemente alto; ahora esta imagen se había extinguido y cuando Seita corrió hasta allí, como en un acto reflejo, pensando que únicamente el agua podía salvarlo del fuego en una costa donde no había abrigo alguno, encontró a otros que, azuzados por la misma obsesión, se habían cobijado junto a los cabrestantes que servían para arrastrar las barcas de pesca y las redes en aquella playa de arena de cincuenta metros de ancho; Seita siguió hacia el oeste, hacia el río Ishiya, cuyas orillas habían sido elevadas con dos terraplenes tras las inundaciones del año trece de Shówa[9], y se ocultó en uno de los huecos que se encontraban, a trechos, en el nivel superior; tenía la cabeza al descubierto, pero, después de todo, le infundía confianza estar escondido en un agujero; cuando se sentó, el corazón le palpitaba con fuerza, estaba sediento y el mero esfuerzo de levantarse para desatar los lazos de su espalda y tomar en brazos a Setsuko, en quien no había tenido apenas tiempo de pensar hasta aquel momento, le hizo entrechocar las rodillas y estuvo a punto de derribarlo, pero Setsuko ni siquiera lloraba y con su pequeña caperuza estampada de protección antiaérea, una blusita blanca, los pantalones estampados con el mismo motivo que la caperuza, unos tabi[10] rojos de franela y con una sola de sus geta favoritas lacadas en negro, aferraba con fuerza una muñeca y un monedero grande y viejo de su madre. Traídos por el viento, el olor a quemado y el crepitar de las llamas parecían muy cercanos; el fragor de las bombas, a ráfagas, como un aguacero de verano, alejándose hacia el oeste; aterrados, hermano y hermana se arrimaban de vez en cuando el uno al otro y entonces a Seita se le ocurrió sacar de la bolsa especial antiaérea la fiambrera con los restos del arroz refinado que su madre había cocido la noche anterior —el último arroz refinado que les quedaba y que su madre había decidido que ya no valía la pena guardar más—, junto con el arroz sin descascarillar con granos de soja de aquella mañana y tras destapar la mezcla, medio blanca, medio negra, que ya empezaba a tener una consistencia viscosa, hizo comer la parte blanca a Setsuko; al levantar los ojos hacia el cielo y verlo teñido de color anaranjado, Seita recordó que su madre le había contado una vez que la mañana del gran terremoto de Kantó las nubes se habían vuelto amarillas.

«¿Y mamá? ¿A dónde se ha ido?», «Está en el refugio. Dicen que el refugio que hay detrás del parque de bomberos resiste incluso bombas de doscientos cincuenta kilos, aunque caigan justo encima, así que no le pasará nada», dijo Seita como si él mismo intentara convencerse, ya que toda la zona de la costa de Hanshin que vislumbraba de vez en cuando a través de la avenida de pinos del dique vibraba lentamente en una tonalidad escarlata; «Seguro que está cerca de Nihonmatsu, en el río Ishiya. Descansaremos un rato y después iremos hacia allí», Seita se había animado de repente diciéndose que su madre debía de haber escapado con vida de aquellas llamas, «¿Estás bien, Setsuko? ¿No te ha pasado nada?», «He perdido una geía», «Ya te compraré otras, y aún más bonitas», «¡Yo también tengo dinero!», Setsuko mostró el monedero, «Ábrelo», al abrir el recio cierre del monedero, aparecieron tres o cuatro monedas de uno y cinco sen junto con una bolsita moteada de blanco y unas fichas de ohajiki[11] rojas, amarillas y azules, iguales a aquella que se había tragado Setsuko el año anterior, una que apareció al día siguiente por la tarde tras hacerle hacer caca en el jardín sobre un periódico extendido. «¿Nuestra casa se ha quemado?», «Creo que sí», «¿Y ahora qué haremos?», «Papá nos vengará, ¡ya lo verás!», estas palabras no eran una respuesta, pero tampoco Seita tenía ni la más remota idea de lo que iba a suceder a continuación: únicamente un zumbido de motores alejándose y, poco después, una lluvia que cayó torrencialmente durante cinco minutos; al ver las manchas negras que dejaba sobre ellos, Seita pensó: «¡Ah! ¡Esta es la lluvia de los bombardeos!», y habiendo dominado finalmente el pánico, se levantó y contempló el mar cuya superficie se había ennegrecido de pronto, repleta de innumerables desechos que flotaban a la deriva; la imagen que ofrecía la montaña no había cambiado, pero la parte izquierda del monte Ichió parecía haberse incendiado, porque una nube de humo púrpura se extendía suavemente por el cielo... «¡Aupa! ¡Arriba!», sentó a Setsuko en el borde del agujero y le dio la espalda para que la pequeña montara sobre él; cuando lo hizo, la sintió terriblemente pesada, aunque durante la huida ni siquiera había reparado en ella; agarrándose a las raíces de las hierbas, se arrastró hasta la cima del dique.

Desde la cumbre, las dos escuelas populares de Mikage y la sala de actos municipal se veían tan cercanas como si se hubieran desplazado andando hasta allí; las bodegas y los barracones del ejército, así como la caserna de bomberos y el pinar, habían desaparecido por completo; el terraplén del ferrocarril de Hanshin se veía a dos pasos y, en el lugar donde cruzaba con la carretera nacional, había tres vagones detenidos en la vía interceptando el paso; los escombros calcinados se extendían a lo largo de una suave pendiente hasta el pie del monte Rokkó; el horizonte aparecía velado y había quince o dieciséis lugares de donde brotaban todavía el humo y las llamas; de repente se oyó un fuerte estrépito: ¿quizá una bomba que no había prendido hasta aquel momento?, ¿una de explosión retardada, tal vez? No, eran planchas de cinc que un torbellino de viento hacía volar por los aires mientras silbaba como el cierzo invernal; Seita sintió cómo Setsu-Ico se apretujaba contra su espalda y decidió hablarle: «Fíjate, no ha quedado nada, qué despejado está todo, ¿verdad? ¡Mira, aquélla es la sala de actos adonde fuimos los dos a comer zósui[12]!», pero no hubo respuesta. «¡Un momento!», Seita se detuvo a enrollarse bien las polainas y, cuando reemprendió la marcha por lo alto del dique, descubrió a su derecha tres casas que se habían salvado de las llamas, la estación Ishiyagawa de la línea Hanshin reducida a su armazón y, unos pasos más allá, un santuario sintoísta completamente arrasado donde únicamente quedaba la pila de las abluciones; conforme iba andando, aumentaba el número de personas: familias exhaustas sentadas al borde del camino, apenas con ánimos de mover los labios, calentando agua en una tetera suspendida de unos palos sobre una hoguera de carbón mineral donde también asaban hoshiimo[13]; Nihonmatsu estaba más allá, a la derecha, siguiendo por la carretera nacional hacia la montaña; cuando lograron, a duras penas, llegar hasta allí, no encontraron a su madre por ninguna parte y, al ver que todos miraban hacia el lecho del río, Seita se asomó: allí abajo, sobre la arena seca del cauce, vio cinco cadáveres de muertos por asfixia, unos de bruces contra el suelo y otros boca arriba, con los brazos y las piernas extendidos; Seita decidió comprobar si entre ellos estaba su madre.

Su madre padecía del corazón desde el nacimiento de Setsuko; por las noches, cada vez que tenía una crisis, pedía a Seita que le refrescara el pecho con agua fría y cuando el dolor era muy agudo, él la ayudaba a incorporarse y la recostaba sobre una pila de cojines amontonados a su espalda; su seno derecho, incluso a través del camisón, se veía vibrar violentamente al compás de los latidos; su tratamiento, a base de medicina china, consistía en unos polvos rojos que tomaba mañana y noche; sus muñecas eran tan delgadas que se podían dar dos vueltas con una mano. Como no podía correr, Seita cuidó de que ella los precediera en ir al refugio antiaéreo, pero más tarde, aún sabiendo que si el refugio quedaba rodeado por las llamas podía convertirse en su tumba, Seita había huido a toda prisa, olvidando la seguridad de su madre, sólo porque el fuego interceptaba el camino más corto que conducía hasta allí y ahora se culpaba a sí mismo por ello, aunque, ¿qué habría podido hacer, en realidad, de haber estado con ella? por otra parte, su madre le había dicho bromeando: «Tú huye con Setsuko, yo ya me las apañaré sola. Si os pasara algo a vosotros, ¿qué excusa le daría a papá? ¿Me has entendido bien?»

En la carretera nacional, dos camiones de la armada corrían hacia el oeste, un hombre del cuerpo civil de defensa antiaérea montado en una bicicleta gritaba algo por el megáfono, un niño de la edad de Seita le decía a un amigo: «Nos han caído dos bombas justo encima. Nosotros queríamos arrojarlas afuera envolviéndolas con una estera de paja, pero, no veas, soltaban aceite por todas partes...» «¡ A los habitantes de Uenishi, Kaminaka y Ichirizu-ka: agrúpense en la Escuela Popular de Mikage!»; habían nombrado su barrio y Seita pensó al instante en la posibilidad de que su madre se hubiera refugiado en la escuela; cuando se dispuso a bajar la pendiente del dique, volvían a oírse explosiones, el fuego seguía llameando entre los escombros y, si no tenían una anchura considerable, el aire ardiente que inundaba las calles impedía avanzar por ellas, «Quedémonos un poco más aquí», le dijo a Setsuko quien, como si hubiera estado aguardando a que le dirigiera la palabra: «¡Seita, pipí!», «¡Vamos! ¡Abajo!», la depositó en el suelo, la levantó cogiéndola por los muslos y la sostuvo en vilo con las piernas abiertas: el chorro de orina brotó con una fuerza inesperada; después la enjugó con una toallita, «Ya puedes quitarte la caperuza» y, al ver que tenía la cara ennegrecida de hollín, humedeció el otro extremo de la toalla con agua de la cantimplora: «Este lado está limpio, ya lo ves», y le lavó la cara, «Me duelen los ojos», debido al humo los tenía inyectados en sangre, «Te los lavarán cuando lleguemos a la escuela», «¿Y a mamá, qué le ha pasado?», «Está en la escuela», «¿Por qué no vamos allí, entonces?», «Aunque queramos, no podemos pasar todavía. Todo está ardiendo», Setsuko se echó a llorar diciendo que quería ir a la escuela; su llanto no era el de una niña mimada y ni siquiera se debía al dolor, más bien parecía el lamento de una persona adulta. «Seita, ¿ya has visto a tu madre?», la hija solterona de la casa de enfrente lo llamó, en el patio de la escuela, cuando se disponía a ponerse de nuevo en la cola para que los soldados del cuerpo sanitario volvieran a lavarle los ojos a Setsuko, ya que después de la primera vez seguían doliéndole, «Aún no», «Date prisa, está herida», y antes de que Seita pudiera preguntarle si podía cuidar de Setsuko, la mujer dijo: «Yo me quedaré con ella. ¿Has tenido miedo, Setchan? ¿Has llorado?», hasta aquel día, no habían tenido apenas relación con ella, por lo tanto, ¿no se debería tanta amabilidad a que la mujer conocía la gravedad del estado de su madre?, Seita se alejó de la fila y, al llegar a la enfermería que tan familiar le era después de haber estudiado seis años en aquella escuela, vio una palangana llena de sangre, los trozos de vendas, el suelo y las batas blancas de las enfermeras teñidos de rojo, un hombre con el uniforme civil-patriótico tumbado boca abajo, inmóvil; una mujer con una pierna vendada asomando bajo unos pantalones hechos jirones; Seita, sin saber qué debía preguntar, permaneció allí de pie, mudo e inmóvil, hasta que se le acercó el señor Oobayashi, el presidente de la comunidad de vecinos, «¡Ah, Seita! Te estábamos buscando, ¿estás bien?», le puso una mano sobre la espalda: «Por aquí», lo condujo al pasillo y cuando, tras ausentarse unos instantes, regresó de la enfermería, desenvolvió un anillo de jade depositado en el fondo de una cubeta quirúrgica y se lo entregó: «Es de tu madre»; Seita, ciertamente, recordaba el anillo.

El aula de trabajos manuales se encontraba en un rincón apartado de la planta baja: allí habían instalado a los heridos graves y, de entre ellos, los que estaban todavía más cerca de la agonía yacían en la sala de profesores, al fondo de todo; la madre tenía la parte superior del cuerpo completamente envuelta en vendas, sus brazos parecían bates de béisbol y, en el vendaje que se enrollaba en espiral alrededor de la cara, se abrían unos agujeros negros únicamente sobre la boca, la nariz y los ojos; el extremo de su nariz recordaba el rebozado del tempura[14], los pantalones estaban tan quemados que apenas se reconocían y, por debajo de ellos, asomaban unas medias gruesas de color pelo de camello, «Por fin se ha quedado dormida. Sería mejor ingresarla, si encontráramos algún hospital. Ahora lo están preguntando. Dicen que el hospital Kaisei de Nishinomiya no se ha quemado, ¡pero vete a saber!», más que dormir, estaba en coma, por eso su respiración era tan irregular, «Oiga, mi madre padece del corazón, si pudiera darle algún medicamento...», «¡Ah, lo intentaremos!», dijo asintiendo con un movimiento de cabeza, pero incluso Seita comprendió que era imposible. Junto a su madre, yacía un hombre que, cuando espiraba, echaba unos espumarajos sanguinolentos por la nariz y la boca, y una colegiala con traje marinero, a quien tal vez horrorizaba aquella visión o, tal vez, a causa del asco que sentía, lo enjugaba con una toallita mientras lanzaba miradas furtivas a su alrededor; frente a ella, una mujer de mediana edad, completamente desnuda de cintura para abajo, exceptuando el pubis que cubría una gasa, tenía una pierna amputada a la altura de la rodilla; «¡Mamá!», Seita la llamó en voz baja, pero sintió que aquella situación era irreal; ante todo le preocupaba Setsuko y, cuando salió al patio, la encontró con la vecina en el cuadro de arena, bajo la barra fija de gimnasia, «¿La has visto?», «Sí», «Lo siento mucho. Si pudiera hacer algo, no dudes en decírmelo. ¡Ah!, por cierto, ¿ya te han dado los bizcochos?», y como Seita hizo un gesto negativo, la mujer se fue, diciendo: «¡Voy a buscártelos!»; mientras tanto, Setsuko jugaba con una cuchara de helado que había encontrado en la arena. «Este anillo, guárdalo bien en el monedero. ¡No lo pierdas!», lo metió dentro; «Mamá ahora está enferma, pero enseguida se pondrá bien», «¿Dónde está?», «En el hospital, en Nishinomiya. Hoy dormirás conmigo en la escuela y mañana iremos los dos a casa de la tía de Nishinomiya, ¿la conoces, verdad? Vive al lado de un estanque», Setsuko permanecía aún en silencio, haciendo bolas de arena; la vecina volvió con dos bolsas marrones llenas de bizcochos, «A nosotros nos toca una clase del primer piso. Los demás ya están allí, ¿por qué no venís?», pero debió de pensar que, al reunirse con familias cuyos padres estaban sanos y salvos, la pobrecita Setsuko o, incluso antes que ella, el mismo Seita se echaría a llorar, y añadió: «¡Ya vendréis más tarde!»; «¿Quieres comer?», «¡Quiero ir con mamá!», «Mañana iremos. Ahora es demasiado tarde», se sentaron al borde del cuadro de arena, «¡Ya verás qué bueno soy!», Seita se arrojó hacia la barra fija, con un fuerte impulso saltó sobre ella y empezó a girar sin cesar, una y otra vez... en esta misma barra, la mañana en que empezó la guerra, el día ocho de diciembre, Seita, alumno de tercer año de la escuela popular, había conseguido batir un récord al dar cuarenta y seis vueltas seguidas hacia adelante. Al día siguiente, Seita se dispuso a llevar a su madre al hospital y, como no podía llevarla a hombros, decidió al fin alquilar una jinrikisha[15] que había cerca de la estación Rokkómichi, que se había salvado del fuego, «¡Va! Monta tú hasta la escuela», y Seita subió por primera vez en su vida a una jinrikisha, pero cuando, tras recorrer un camino lleno de ruinas calcinadas, llegaron a la escuela, su madre ya estaba agonizando y ni siquiera pudo moverla; el conductor de la jinrikisha rechazó el importe del viaje con un gesto negativo de la mano y se fue; aquella misma noche, su madre, debilitada hasta la extenuación a causa de las quemaduras, expiró; «¿Podría verle la cara?», ante la petición de Seita, un médico que acababa de quitarse la bata blanca y mostraba ahora un uniforme militar repuso: «Es mejor que no la veas. Es mejor así», la madre estaba inerte, completamente envuelta por los vendajes y, a través de ellos, supuraba la sangre atrayendo a un enjambre de moscas que se arracimaban a su alrededor; el hombre de la hemorragia y la mujer de la pierna amputada también habían muerto; un policía preguntaba algo a los familiares, tomaba quién sabe qué notas y, a continuación, dijo sin dirigirse a nadie en particular: «No hay más remedio que abrir una fosa en el jardín del crematorio de Rokkó e incinerarlos dentro. Tendremos que llevárnoslos hoy mismo en el camión, porque con este calor...», luego saludó militarmente y se fue; sin flores, sin incienso, sin ofrendas de pasteles de arroz, sin la lectura de los sutras, sin nadie que los llorara; una mujer, pariente de uno de ellos, se hacía peinar por una anciana mientras permanecía con los ojos cerrados, otra daba el pecho a un bebé con un seno descubierto y un joven que asía en una mano una edición extraordinaria del periódico de tamaño tabloide, ya arrugada, exclamó con acento emocionado: «¡Fantástico! ¡De trescientos cincuenta aviones que han venido a bombardear, hemos derribado el sesenta por ciento!», Seita, a su vez, calculó que el sesenta por ciento de trescientos cincuenta era doscientos diez, algo que no tenía relación alguna con la muerte de su madre.

Antes de nada, dejó a Setsuko al cuidado de unos parientes lejanos que vivían en Nishinomiya con quienes habían convenido acogerse mutuamente en caso de incendio; la familia se componía de una mujer viuda, un hijo que estudiaba en la Escuela de Marina Mercante y una hija, y alojaban además a un huésped, empleado en las aduanas de Kobe. El siete de junio al mediodía, el cadáver de su madre debía ser incinerado al pie del monte Ichió; al quitarle las vendas que envolvían sus muñecas para sujetar con alambre la placa de identificación, la piel de la madre, que Seita podía ver al fin, apareció tan ennegrecida que nadie hubiera creído que perteneciera a un ser humano y, en el momento de cargarla sobre una parihuela, multitud de gusanos cayeron rodando rítmicamente al suelo; bajó la mirada, cientos, miles de gusanos se retorcían sobre el pavimento del aula de trabajos manuales, ignorados por quienes los iban aplastando bajo sus pies con gesto impasible mientras sacaban los cadáveres: cuerpos ennegrecidos similares a troncos quemados que envolvían en una estera de paja antes de cargarlos en un camión, o bien cadáveres de muertos por asfixia, por heridas, y aun otros, que iban alineando, sin envolver siquiera, dentro de un autobús desprovisto de asientos.

En una explanada al pie del monte Ichió, una fosa de unos diez metros de diámetro donde se amontonaban desordenadamente vigas, pilares de madera y shoji[16] de edificios derruidos como medida de seguridad; depositaron los cadáveres sobre aquel montón y los miembros del cuerpo de vigilancia antiaérea fueron vaciando en la fosa cubos de petróleo con ademanes que recordaban los ejercicios de entrenamiento de extinción de incendios; luego encendieron un trapo y, al arrojarlo dentro, se levantó una humareda negra y el fuego empezó a arder; los cadáveres, envueltos en llamas, que caían rodando eran prendidos con un gancho de palo largo y devueltos a la hoguera; a su lado, sobre una mesa cubierta por una tela blanca, se alineaban a centenares cajas de madera de apariencia miserable: era en ellas donde más tarde depositarían los huesos.

Alejaron a los parientes, diciendo que entorpecían el trabajo y, durante la noche que siguió a aquella incineración que no había oficiado siquiera el monje más mísero, repartieron los huesos metidos en las cajas de madera, donde figuraba el nombre del difunto escrito con carboncillo, como si, ¡qué gran utilidad la de la placa de identificación!, dieran a cada cual su parte en la cola del racionamiento. Pese al humo negro que se había alzado de la hoguera, los huesos eran inmaculadamente blancos.

Ya era plena noche cuando Seita llegó, al fin, a la casa de Nishinomiya, «¿Mamá todavía está malita?» «Se ha herido en el bombardeo», «¿Y el anillo, ya no se lo pondrá más? ¿Me lo ha dado a mí?» Seita escondió la caja con los huesos dentro de un pequeño armario empotrado que había encima de una estantería y, por un momento, imaginó el anillo ciñendo aquellos huesos blancos; horrorizado, alejó enseguida esta visión de su pensamiento, «Este anillo es muy valioso, guárdalo», le dijo a Setsuko que estaba sentada sobre un colchón, jugando con las fichas de ohajiki y con el anillo. Seita no lo sabía, pero su madre, como medida de seguridad, había enviado a casa de los parientes de Nishinomiya quimonos, ropa de cama y mosquiteras; la viuda, señalando los paquetes envueltos en unos furoshiki de estampado arabesco que se amontonaban en un rincón del pasillo, dijo en un tono dulzón que ocultaba a duras penas la envidia: «¡Qué suerte pertenecer a la armada, ¿no? Todo te lo llevan en camión!»; al abrir una canasta de mimbre, aparecieron la ropa interior de Seita y de Setsuko y los quimonos de uso diario de la madre; dentro de un baúl para guardar vestidos occidentales había quimonos de paseo de largas mangas; el olor a naftalina que los impregnaba le hizo sentir nostalgia.

Les asignaron una habitación de tres tatami al lado del recibidor; como tenían cédula de damnificados, les correspondía una ración especial de arroz, latas de salmón, carne de ternera y legumbres cocidas; además, cuando excavó entre escombros y cenizas ya frías el lugar que supuso correcto dentro de un perímetro de dimensiones tan reducidas que lo sorprendió: «¿Aquí vivíamos todos nosotros!», encontró en perfecto estado los víveres que había guardado en el brasero de cerámica Seto; alquiló una carreta e invirtió todo un día en transportarlos, cruzando los cuatros ríos: Ishiya, Sumiyoshi, Ashiya y Shukugawa, hasta dejar apilada toda aquella comida en el recibidor; con todo, la viuda siguió con sus reproches: «¡Vaya vida de lujo se dan las familias de los militares!», mientras iba, con aire satisfecho, repartiendo orgullosamente entre los vecinos unas ciruelas conservadas en sal que no le pertenecían; había restricciones en el suministro de agua y contar con un joven fuerte como Seita para acarrearla desde un pozo que estaba a trescientos metros de la casa representaría una gran ayuda; la hija, alumna de cuarto año de la escuela superior femenina movilizada en la fábrica de aviones Nakajima, incluso cuidó por unos días de Setsuko durante su permiso.

En el pozo, una mujer de la vecindad cuyo marido estaba en el frente y un estudiante de la universidad de Dóshisha, que paseaba con el torso desnudo y con una gorra en la cabeza, tenían la osadía de aparecer cogidos de la mano, convirtiéndose, así, en la comidilla del vecindario; no se hablaba menos de Seita y de Setsuko, aquellos pobres niños, hijos de un teniente de la armada, que habían perdido a su madre en un bombardeo y a quienes todo el mundo compadecía después de que la viuda pregonara interesadamente su historia por todo el barrio.

Al anochecer, las ranas croaban en un depósito de agua cercano y, a ambos lados de la caudalosa corriente que venía fluyendo desde el depósito a través de la hierba espesa, las luciérnagas titilaban posadas una sobre cada hoja; al alargar la mano hacia ellas, su luz se veía parpadear entre los dedos, «¡Mira, cógela!», depositaba una sobre la palma de la mano de Setsuko, pero ésta la cerraba con todas sus fuerzas y aplastaba la luciérnaga en un instante: en la palma de su mano quedaba un penetrante olor acre, arropados en la negra placidez de las tinieblas de junio, porque en Nishinomiya, al pie de la montaña, los ataques aéreos se sentían todavía como algo ajeno.

Envió una carta a la base naval de Kure dirigida a su padre a la que nadie respondió, luego fue a comprobar cuánto dinero tenían en la agencia Rokkó del banco de Kobe y en la agencia Motomachi del Sumitomo, bancos que recordaba muy bien porque un día, de regreso, había importunado a su madre para que le comprara ya no sabía qué; anunció a la viuda que en la cuenta había un os siete mil yenes y ella se henchió de orgullo, «¡Pues a mí, cuando murió mi marido, me dieron setenta mil yenes de gratificación del retiro!», y añadió, presumiendo ahora de su hijo: «Yukihiko estaba sólo en tercer año de bachillerato, pero saludó con tanta corrección al presidente de la compañía, que lo felicitó y todo. ¡Mi hijo vale mucho!», eran palabras llenas de sobreentendidos, dirigidas a Seita, quien no podía evitar dormirse por las mañanas, ya que tenía dificultades en conciliar el sueño y se despertaba por las noches gritando de terror; en menos de diez días, las ciruelas del tarro, los huevos en polvo y la mantequilla se habían agotado, las raciones especiales para damnificados también habían desaparecido y, de sus dos raciones de tres shaku de arroz, la mitad se convirtió en soja, cebada y maíz; la viuda temía que aquellos dos niños en pleno crecimiento acabaran comiéndose incluso su ración y, poco después, al servir las gachas de arroz aguado con legumbres que tomaban tres veces al día, hundía pesadamente el cazo hasta el fondo de la olla y daba el arroz a su hija, mientras a Seita y a Setsuko les llenaba el tazón de caldo y legumbres; debía remorderle la conciencia de vez en cuando porque solía decir: «Como la niña está trabajando para la patria, debe comer bien para tener fuerzas», sin embargo, en la cocina, se la oía rascar sin descanso la olla con el cazo para desprender el arroz que se había adherido al fondo, el arroz más suculento, aromático y pastoso, sin duda alguna; al imaginar a la viuda devorándolo con fruición, Seita, más que enfadarse, sentía cómo se le hacía la boca agua. El huésped que trabajaba en aduanas conocía todos los recovecos del mercado negro y solía regalarle a la viuda latas de carne de ternera, almíbar y salmón para ganarse su favor, porque le gustaba mucho la hija.

«¿Vamos a la playa?», un día despejado de la estación de las lluvias, Seita, preocupado por el terrible sarpullido que cubría la piel de Setsuko, pensó que las manchas desaparecerían si las frotaba con agua salada; era difícil adivinar qué razonamientos habría seguido la mente infantil de Setsuko para explicarse la desaparición de su madre, pero lo cierto era que apenas preguntaba por ella y que había pasado a depositar toda su confianza en su hermano mayor, «¡Oh, sí! ¡Qué bien!»; hasta el verano pasado, su madre alquilaba una casa en Suma donde solían pasar todo el verano: Seita dejaba a Setsuko sentada en la arena e iba y venía nadando desde la orilla hasta las boyas de vidrio de las redes de los pescadores que flotaban mar adentro; en la playa había un puestecillo que, pese a ser un sencillo merendero, servía un sake dulce con sabor a jengibre y ellos dos lo bebían soplando; de regreso les esperaba el hattaiko[17] que había hecho su madre: Setsuko se lo embutía en la boca y, al atragantarse, su cara acababa embadurnada, toda, de hattaiko... «¿Lo recuerdas Setsuko?», tenía ya estas palabras en los labios, pero se dijo que era mejor no despertar los recuerdos de la niña hablando sin ton ni son.

Se dirigieron a la playa bordeando el riachuelo; en el camino asfaltado que corría en línea recta, había detenidas unas carretas de tiro donde iban cargando diversos fardos que sacaban de las casas; un joven rechoncho, con gafas y una gorra de la Escuela Primera de Bachillerato de Kobe, llevaba entre los brazos un montón de libros muy voluminosos y los depositó en la carreta mientras el caballo sacudía la cola con apatía; tras girar a la derecha, desembocaron en el dique del río Shukugawa; a medio camino, estaba la cafetería Pabonii donde servían agaragar con sabor a sacarina y allí solían detenerse a tomar uno; la pastelería Yühaimu de Sannomiya que había permanecido abierta hasta el final; medio año antes, con motivo del cierre de la tienda, habían hecho una hornada de tartas montadas y su madre había comprado una; el dueño de la pastelería era judío, por cierto, como lo era también aquella multitud de refugiados que el año quince de Shówa[18] llegó a la mansión de ladrillo rojo que se encontraba cerca de Shinohara, donde Seita estudiaba matemáticas: aunque eran jóvenes, todos llevaban barba, a las cuatro de la tarde se dirigían en fila india al baño público y, pese al calor del verano, se cubrían con un grueso abrigo; había uno que calzaba los dos zapatos del pie izquierdo y andaba cojeando, ¿qué habrá sido de ellos?, ¿los habrán obligado a trabajar en una fábrica, como es de suponer tratándose de prisioneros? Los prisioneros trabajan duramente; así lo dicen: en cuanto a esfuerzo, éstos se sitúan en primer lugar; en segundo, los estudiantes; en tercero, los movilizados y, en cuarto lugar, los obreros de verdad; éstos suelen hacer tabaqueras metálicas con duraluminio, reglas con resina sintética y cosas por el estilo; con gente como ésa, ¿cómo diablos se va a ganar una guerra? El dique del río Shukugawa se había convertido en una huerta donde se abrían las flores de la calabaza y del pepino; en la zona que se extendía hasta la carretera nacional no se veía ni un alma y, dentro del bosque-cillo que la bordeaba, unos aviones de tamaño mediano, de reserva para la lucha final en territorio japonés, permanecían en silencio, cubiertos por una exigua red de camuflaje que no era más que una simple excusa. En la playa, niños y ancianos llenaban botellas de un sho[19] con agua de mar, «Setsuko, desnúdate», Seita empapó una toallita de agua, «Puede que esté un poco fría», y frotó repetidas veces las zonas de aquella piel tersa, ya de mujercita, donde se multiplicaban las manchas rojas, en los hombros y en los muslos; el baño en Manchitani: iban a tomarlo a casa de unos vecinos que vivían dos casas más allá; eran siempre los últimos en entrar y, al bañarse envueltos en las tinieblas de las restricciones de luz, Seita jamás tenía la sensación de haberse lavado; el cuerpo desnudo de Setsuko, que veía de nuevo, era blanco como el de su padre; «¡Mira! ¿Qué le pasa a aquel hombre? ¿Está durmiendo?», al lado del dique de protección había un cadáver cubierto con una estera de paja bajo la que asomaban unas piernas desmesuradamente grandes en comparación al cuerpo, «¡Déjalo! ¡Es mejor que no lo mires! Oye, en cuanto haga un poco más de calor, podremos nadar. Yo te enseñaré», «¡Si nadamos, tendremos aún más hambre!», también Seita se veía acuciado, en los últimos tiempos, por una insoportable sensación de hambre, hasta el punto de que, cuando se sacaba alguna espinilla caprichosa que le había aparecido en el rostro, se metía inconscientemente aquella grasa blanca en la boca; le quedaba algún dinero, pero carecía de experiencia en la compra clandestina, «¿Por qué no intentamos pescar algún pez?», pensó que no debería ser difícil atrapar un bera, o quizá un tenkochi[20]; como último recurso, decidieron buscar algas, pero sólo había algunos sargazos podridos flotando al vaivén de las olas.

Cuando se anunció el estado de alerta, decidieron volver a casa y, al pasar por delante del hospital Kansei, de súbito oyeron resonar la voz de una joven: «¡Eh, mamá!», una enfermera se arrojó a los brazos de una mujer de mediana edad que llevaba una bolsa al hombro, su madre recién llegada del campo, sin duda; Seita, embobado, contempló la escena medio con envidia, medio con fascinación, pensando: «¡Qué expresión tan bonita tiene esta enfermera!»; «¡Evacuación!», Seita dirigió maqui-nalmente la mirada hacia el mar: unos B-29 sobrevolaban las aguas profundas de la bahía de Osaka en vuelo rasante arrojando minas; debían haberse agotado ya todos los objetivos a incendiar, porque en los últimos días los bombardeos a gran escala se habían ido alejando cada vez más.

«Los quimonos de tu madre, me sabe mal decírtelo, pero ya no sirven para nada, ¿qué te parece si los cambiamos por arroz? Ya hace tiempo que yo voy intercambiando esto y lo otro para poder completar lo que nos hace falta», la viuda añadió que su madre se hubiera alegrado por ello; sin esperar siquiera una respuesta, abrió el baúl de vestidos occidentales y, con mano experta, que delataba las repetidas veces que debía haber registrado el contenido del baúl mientras ellos estaban ausentes, sacó dos o tres quimonos y los puso encima del tatami, «Con eso creo que podremos conseguir un to[21] de arroz. Tú también tienes que alimentarte bien, Seita, tienes que ponerte fuerte para cuando seas soldado.»

Eran los quimonos que llevaba su madre cuando era joven; Seita recordó el día en que la asociación de padres había asistido a su clase, el orgullo con que había contemplado a su madre tras comprobar, al volverse, que era la más hermosa; recordó también las visitas que hacían a su padre en Kure: en estas ocasiones, su madre aparecía inesperadamente con un atuendo mucho más juvenil y, en el tren, él no hacía más que acariciarla contento... Pero, ahora, ¡un to de arroz!; Seita, con sólo oír estas palabras, «un to», se estremeció de alegría, ya que las inciertas raciones de arroz que les correspondían a él y a Setsuko no llenaban siquiera medio cestillo de bambú y, además, con esta cantidad tenían que subsistir cinco días.

En los alrededores de Manchitani vivían muchos campesinos y la viuda no tardó en regresar con un saco de arroz: llenó hasta los bordes el tarro de Seita, el mismo que había contenido las ciruelas, y vació el resto en un cofre de madera para uso de su familia; durante dos o tres días comieron arroz hasta la saciedad, pero enseguida volvieron a las gachas y, cuando se dejaron oír las protestas de Seita, «Tú ya eres mayor y tienes que pensar en cooperar con los demás. Tú no ofreces ni siquiera un puñado de arroz y, ¿dices que quieres comerlo? ¡Esto no puede ser de ninguna manera! ¡No tienes ninguna razón!»; con razón o sin ella, gracias a los quimonos de la madre, la viuda había conseguido el arroz con que preparaba, ufana, la comida que su hija llevaba al trabajo y las bolas de arroz para el huésped, mientras el almuerzo de Seita y Setsuko consistía en una mezcla de soja desgrasada que la niña, aún con el sabor del arroz en los labios, se negaba a comer; «Diga usted lo que diga, ¡el arroz era nuestro!», «¿Quieres decir con eso que os engaño? ¡Vas demasiado lejos! Acojo a dos huérfanos y encima tengo que oír eso! ¡Muy bien! A partir de ahora, haremos la comida aparte. Así no habrá quejas, ¿no? Además, Seita, tú tienes parientes en Tokyo, ¿verdad? En casa de la familia de tu madre, hay un tal no sé qué, ¿por qué no le escribes? En cualquier momento bombardearán Nishinomiya», la viuda no llegó a ordenarles que se marcharan enseguida, pero soltó a gusto todo lo que tenía en mente, y lo cierto es que también ella tenía sus razones: los dos huérfanos se habían instalado en su casa sin intención aparente de marcharse cuando ella no era más que la esposa de un primo de su padre; tenían parientes más cercanos en Kobe, pero todos habían perdido su casa entre las llamas y no sabían cómo encontrarlos. En una tienda de utensilios domésticos, Seita compró una cuchara hecha con una concha a la que habían aplicado un mango, una cazuela de barro, una salsera de soja y, además, regaló a Setsuko un peine de boj que valía diez yenes; mañana y noche, pedía prestado un hornillo, cocía arroz y, de acompañamiento, preparaba tallos de calabaza hervidos, caracoles del estanque en salsa de soja o calamares secos puestos en remojo y cocidos, «No hace falta que te sientes tan correctamente», al tomar asiento frente a aquella pobre comida depositada, sin bandeja, directamente sobre el tatami, Setsuko lo hizo con mucha formalidad, tal como le habían enseñado, y después de la comida, cuando Seita se tumbó en el suelo con aire negligente, ella le advirtió: «¡Te convertirás en una vaca!» Utilizando la cocina por separado se sentían más cómodos, pero él no podía dar abasto a todos los quehaceres y, pronto, al pasar el peine de boj por el pelo de Setsuko, era difícil adivinar dónde los habría cogido, pero caían rodando de su cabellera piojos y liendres, y si tendía la ropa sin tomar precauciones, «¡Quieres que nos vean los aviones del enemigo o qué!», la viuda tenía palabras de reproche incluso sobre la colada; los esfuerzos de Seita no impedían que la suciedad fuera cada vez más ostensible; para empezar, les prohibieron bañarse en casa de los vecinos y, cuando finalmente los dejaron entrar, una vez cada tres días, en el baño público, fue a condición de que llevaran el combustible para calentar el agua, una tarea ardua y pesada que daba pereza; Seita se pasaba el día tumbado, leyendo las revistas femeninas a las que había estado suscrita su madre y que él compraba en la librería de viejo de delante de la estación de Shukugawa y, cuando sonaba la alarma de bombardeo, si la radio anunciaba la llegada de una gran formación de aviones, se negaba a ir al refugio ordinario, cogía a Setsuko y se metía en una cueva profunda que había detrás del estanque, cosa muy mal vista por los vecinos del barrio, quienes, encabezados por la viuda, estaban ya hartos de los dos huérfanos y decían que un joven de su edad debería ser núcleo de las actividades civiles de extinción de incendios, pero Seita, tras haber vivido en su propia piel el estrépito de las bombas estrellándose contra el suelo y la velocidad de las llamas, si hubieran sido uno o dos aviones aún lo habría hecho, pero tratándose de toda una formación, ¡ni pensarlo!

El seis de julio, bajo las últimas lluvias de la época de los monzones, los B-29 bombardearon Akashi; desde la cueva, Seita y Setsuko contemplaban distraídamente las ondas concéntricas que las gotas de lluvia torrencial dibujaban en la superficie del estanque; Setsuko abrazaba la muñeca, que no abandonaba fuera adonde fuese, «¡Quiero volver a casa. No quiero vivir más con la tía!», lo dijo lloriqueando, aunque no se había quejado nunca hasta aquel momento, «Nuestra casa se ha quemado, ya no tenemos casa», sin embargo, no podrían estar ya en casa de la viuda mucho más tiempo: una noche en que Setsuko, dormida, estuvo llorando de miedo, la viuda apareció de repente como si hubiera estado aguardando la ocasión, «¡Mi hija y mi hijo están trabajando para la patria, así que tú, por lo menos, podrías hacer algo para que dejara de llorar, como mínimo, vamos; ¡Con este escándalo no hay quien duerma!», y cerró la puerta corredera con una violencia que hizo sollozar a la niña con más fuerza; Seita la sacó a las tinieblas de la calle, entre las luciérnagas eternas; por un instante pensó: «Si al menos no estuviera Setsuko...», pero el cuerpecillo de la pequeña, que había vuelto a dormirse apoyada en su espalda, parecía, extrañamente, mucho más liviano, su frente y sus brazos estaban llenos de picaduras de mosquito que, cuando se rascaba, supuraban pus. Aprovechando que la viuda acababa de salir, levantaron la tapa del viejo armonio de la hija: «he-to-i-ro-ha-ro-i-ro-to-ro-i, he-to-i-ro-i-ho-ni»; cuando las escuelas pasaron a llamarse «populares», el «do-re-mi-» se convirtió en «ha-ni-ho-he-to-i-ro-ha»; recordaba haber tecleado con inseguridad la melodía del Koinobori[22], la primera canción que aprendió tras aquel cambio y, al tararearla con Setsuko: «¡Dejad de cantar! ¡Estamos en guerra y voy a ser yo quien sufra las consecuencias! ¡Qué falta de sentido común!», gritó, enfadada, la viuda, que había regresado inadvertidamente, «¡Con vosotros, ha caído una calamidad sobre esta casa! En los bombardeos, no sirves para nada. Si te preocupa tanto tu vida, ¿por qué no vives siempre en la cueva?»

«Esta será nuestra casa. A esta cueva no vendrá nadie y tú y yo podremos vivir como queramos.» La cueva tenía forma de U, y los soportes que la apuntalaban eran gruesos, «Compraremos paja a los campesinos y la extenderemos por el suelo, y si aquí colgamos el mosquitero, no estará tan mal», Seita se sentía movido, a medias, por un impulso a la aventura muy propio de su edad y, cuando hubo pasado el estado de alarma, empezó a recoger sus cosas en silencio, «Gracias por habernos tenido en casa tanto tiempo. Nosotros nos vamos», «¿Que os vais? ¿A dónde?», «Todavía no lo hemos decidido», «Bueno, ¡cuidaos entonces! ¡Adiós, Setenan!», y con una sonrisa forzada, la viuda desapareció en el interior de la casa.

A duras penas logró arrastrar hasta la cueva la canasta de mimbre para guardar ropa, el mosquitero, los utensilios de cocina y, además, el baúl de ropa occidental y la caja con los huesos de su madre; «¿Aquí vamos a vivir?», pensándolo bien, era una cueva normal y corriente, y Seita empezó a sentirse desanimado, pero en la primera granja adonde se dirigió, al azar, le dieron paja e incluso le vendieron algunos nabos; además, Setsuko estaba entusiasmada, «¡Esto es la cocina; y aquí está el recibidor!», se detuvo un instante con aire dubitativo, «¿Y dónde pondremos el lavabo?», «¡No importa!, en cualquier sitio va bien. Ya te acompañaré yo», Setsuko se sentó con delicadeza encima de un montón de paja; su padre había dicho una vez: «Esta niña, cuando crezca, va a ser hermosa y distinguida», al preguntarle Seita el significado de la palabra distinguida, que no entendía, su padre aventuró: «Pues, vendría a ser algo así como elegante, supongo», y, en efecto, Setsuko era una belleza elegante y digna de compasión.

Estaban acostumbrados a la oscuridad de las restricciones de luz, pero, sumergido en las tinieblas de la noche, el interior de la cueva parecía realmente pintado de negro; una vez se metían dentro del mosquitero colgado de los puntales, no podían confiar en otro punto de referencia que en el zumbido incesante de los mosquitos que pululaban en el exterior, los dos se arrimaron instintivamente el uno al otro y, al abrazar con el bajo vientre las piernas desnudas de Setsuko, Seita sintió una excitación que le producía un dolor sordo, la abrazó con más fuerza: «¡Seita, me haces daño!», dijo Setsuko llena de pánico.

«¿Paseamos?», como no podían conciliar el sueño, salieron al exterior e hicieron pipí los dos juntos; sobre sus cabezas unos aviones japoneses se dirigían hacia el oeste haciendo parpadear las luces de señales, azules y rojas, «¡Mira, las unidades especiales de ataque[23]!», «¡Ah!», Setsuko asintió con la cabeza sin comprender lo que querían decir aquellas palabras, «Parecen luciérnagas», «Sí, es verdad», si cogieran luciérnagas y las metieran dentro del mosquitero, ¿no darían, tal vez, un poco de luz? Y de este modo, y no es que pretendieran imitar a Shain[24], fueron atrapando todas las luciérnagas que se pusieron a su alcance, una tras otra, y cuando las soltaron dentro del mosquitero, cinco o seis emprendieron el vuelo con suavidad, mientras las otras se posaban en la tela... ¡Oh!, ¡ya eran cien las luciérnagas que volaban ahora por el interior del mosquitero!; seguían sin poder distinguirse las facciones el uno al otro, pero el vuelo de las luciérnagas les daba una sensación de serenidad y sus ojos se cerraron mientras iban siguiendo aquellos movimientos suaves; las luces de las luciérnagas, en hilera: la revista naval del emperador a las Fuerzas de la Armada en octubre del año diez de Shówa[25]; ornaron la ladera del monte Rokkó con una gran luminaria en forma de nave; desde la cima, la flota y los portaaviones anclados en la bahía de Osaka parecían palos flotando sobre las aguas, los toldos blancos se extendían desde la proa; su padre formaba parte de la tripulación de la hágala Maja y Seita la buscó desesperadamente, pero el puente cortado en vertical, parecido a un barranco, característico de la fragata Maya, no se veía por ninguna parte; ¡oh!, ¿era la banda de la Universidad de Comercio?, entrecortadamente, sonaba el himno de la Marina: «¡Si hay que defenderse, o también que atacar, en el flotante acero debemos confiar!», «¿Dónde estará haciendo la guerra papá?», su fotografía, manchada del sudor de Seita... ¡Ataque de aviones enemigos!, ¡ta-ta-ta-ta-ta!, imaginó que las luces de las luciérnagas eran proyectiles del enemigo, ¡sí!, en el bombardeo de la noche del diecisiete de marzo, ¡fuua! ¡fuua!, los proyectiles de las baterías antiaéreas se elevaban zigzagueantes, como luciérnagas, para ser engullidos por el cielo, ¿podrían dar realmente en el blanco, con aquellas máquinas?

Por la mañana, habían muerto la mitad de las luciérnagas y Setsuko las enterró a la entrada del refugio, «¿Qué estás haciendo?», «La tumba de las luciérnagas», y, sin levantar la mirada del suelo, «A mamá también la han metido en una tumba, ¿verdad?», mientras Seita vacilaba sobre qué debía responder, «Me lo dijo la tía, me dijo que mamá había muerto y que estaba en una tumba», y a Seita, por primera vez, se le anegaron los ojos en lágrimas, «Algún día iremos a visitar la tumba de mamá. Setsuko, ¿no te acuerdas del cementerio de Kasugano, el que está cerca de Nunobiki? Mamá está allí.» Debajo de un alcanforero, en una tumba pequeña: Sí, hasta que no pongamos sus huesos allí, mamá no podrá descansar en paz.

Cambiaba los quimonos de su madre por arroz en las granjas; la gente del vecindario lo veía cuando iba al pozo y, por eso, todos adivinaron enseguida que vivían los dos en la cueva, pero nadie apareció por allí; Seita recogía ramas para cocer el arroz, si no le alcanzaba la sal, cogía agua de mar; algún P-15 los tiroteaba de vez en cuando en el camino, pero pasaron unos días apacibles, con las luciérnagas velando sus noches, se habían habituado ya a vivir en la cueva, aunque a Seita le salió un eczema entre los dedos de las dos manos y Setsuko se iba debilitando cada vez más.

Por la noche se sumergían en las aguas del estanque; Seita buscaba caracoles mientras bañaba a Setsuko; los omoplatos y las costillas de la niña cada día sobresalían más: «Tienes que comer mucho, Setsuko», miró fijamente el lugar donde croaban las ranas y pensó en la posibilidad de atrapar alguna, pero era imposible; aunque dijera que tenía que comer más, los quimonos de la madre se habían acabado, un huevo costaba tres yenes; un shó de aceite, cien; cien momme[26] de carne de ternera, veinte yenes; un shó de arroz, veinticinco yenes: los precios del mercado negro, si no se conocía bien, eran inalcanzables. Viviendo tan cerca de la ciudad, los campesinos no pecaban de candidez y se negaban a vender el arroz a cambio de dinero; pronto volvieron a las gachas de soja y, a finales de julio, Setsuko cogió la sarna, además de estar infestada de pulgas y piojos que, pese a los esfuerzos de Seita para acabar con ellos, reaparecían a la mañana siguiente pululando por las costuras del vestido de la niña; cuando Seita pensaba que la gotita roja de sangre de los piojos grises pertenecía a Setsuko, se enfadaba tanto que los torturaba arrancándoles, una a una, sus minúsculas patitas, pero era en vano; llegó a preguntarse si podrían comerse también las luciérnagas y, pronto, Setsuko debió sentirse ya sin fuerzas, porque, sólo proponerle ir a la playa, decía: «Te espero aquí», y permanecía acostada en el suelo abrazando la muñeca; Seita, cada vez que salía, robaba de los huertos tomates verdes y pepinos pequeños como un dedo meñique que hacía comer a Setsuko; una vez vio a un niño de unos cinco o seis años que mordisqueaba una manzana como si fuera un tesoro: se la arrancó de la mano y regresó corriendo, «¡Setsuko, una manzana! ¡Cómetela!», a la niña, como era de esperar, se le iluminaron los ojos, pero al hincarle los dientes, dijo enseguida: «¡No, no es una manzana!», y cuando Seita la mordió, vio que era un trozo crudo de batata pelada; Setsuko, decepcionada, con la miel en los labios, empezó a llorar, «¡Aunque sea un trozo de batata, no importa! ¡Cométela enseguida! ¡Si no te la comes tú, me la comeré yo!», Seita habló con severidad, pero había lágrimas en su voz.

¿Qué había pasado con el racionamiento? De vez en cuando le daban sal gema, cerillas y arroz, pero por no pertenecer a una asociación de vecinos, no tenía acceso a los artículos de racionamiento que anunciaban esporádicamente en el periódico; Seita, al caer la noche, no sólo robaba en los pequeños huertos de delante de las casas, sino que cogía batatas de los campos, arrancaba caña de azúcar y hacía beber el líquido a Setsuko.

La noche del treinta y uno de julio sonó la alarma antiaérea mientras estaba robando en un campo; siguió arrancando batatas, ignorándola, pero unos campesinos que se habían cobijado en una zanja que se encontraba en las inmediaciones lo descubrieron y lo apalearon; cuando la alarma hubo cesado, lo arrastraron hasta la cueva donde enfocaron con una linterna las hojas de batata que guardaba para hervir: una prueba irrefutable, «¡Perdón! ¡Perdón!», delante de la aterrorizada Setsuko, pidió perdón de rodillas, pero no se conmovieron, «Mi hermana está enferma, si no estoy yo, morirá», «¿Qué estás diciendo? ¡En tiempos de guerra, robar en los campos es un delito muy grave!», le echaron la zancadilla, lo tiraron al suelo y lo agarraron por la nuca, «¡Vamos! ¡Andando! ¡Te meteremos entre rejas!»; sin embargo, una vez en comisaría, el policía no se inmutó: «Dicen que el bombardeo de esta noche ha sido en Fukui», calmó a los indignados campesinos, sermoneó a Seita y lo dejó ir enseguida; salió a la calle, era imposible adivinar cómo habría podido llegar, pero allí estaba aguardando Setsuko. Volvieron al refugio y, como Seita seguía sollozando, Setsuko le acarició la espalda, «¿Dónde te duele? Te encuentras muy mal, ¿verdad? Tendremos que llamar al doctor para que te ponga una inyección», dijo en tono maternal.

A principios de agosto, las escuadrillas procedentes de los portaaviones bombardeaban a diario; Seita aguardaba a que sonara la alarma antiaérea para salir de rapiña; esperaba a que todos se agazaparan en los refugios, aterrados ante la visión de aquellas luces que centelleaban a lo lejos en el cielo de verano y que se transformaban, de súbito, en ráfagas de metralla que se precipitaba sobre sus cabezas; entraba a hurtadillas en las cocinas por las puertas abiertas de par en par y cogía todo lo que encontraba; la noche del cinco de agosto ardió el centro de la ciudad de Nishinomiya y, por primera vez, temblaron de terror los habitantes de Manchitani, aquellos que se creían libres de todo peligro, pero, para Seita, representó una fuente de ganancias: bajo el estruendo entrecruzado de diferentes tipos de bombas, entró furtivamente en un barrio donde no había ni un alma, parecido a aquellos que había visto el cinco de junio, y cogió todo lo que encontró: quimonos para cambiar por arroz, mochilas abandonadas y, lo que no podía acarrear con una mano, mientras, a su paso, apartaba las chispas de fuego con la otra, lo escondió bajo las losas de piedra de las cloacas; ¡Una oleada de gente en busca de refugio se abalanzaba sobre él! Seita se puso en cuclillas para evitar aquella vorágine y, cuando levantó la mirada hacia el cielo de la noche, los 6-29 volaban hacia la montaña y giraban de nuevo hacia el mar, rozando a su paso el humo de los fuegos; Seita, que había perdido ya el pánico, sintió incluso el impulso de ponerse a dar brincos, mientras agitaba los brazos en el aire, gritando ¡yuhuuu!

Aunque hurtaba aprovechando la confusión del momento, cuidaba en elegir los quimonos más llamativos, que pudiera cambiar con provecho, aquellos de largas mangas, tejidos de colores tan brillantes que dejaban sin aliento; se los embutía debajo de la camisa y del pantalón y, mientras andaba, se iba sosteniendo aquel vientre hinchado como el de una rana; intercambiaba los quimonos en las granjas, pero, como había indicios de que la cosecha sería mala, los campesinos pronto se negaron a desprenderse del arroz; Seita temía, como es lógico, a la gente de los alrededores y, en su búsqueda, se desplazaba hasta Nikawa y Nishinomiya-kitaguchi, donde recorría, de punta a punta, unos arrozales que mostraban los enormes boquetes de las bombas, pero lo máximo que conseguía eran tomates, alubias y brotes verdes de soja.

Setsuko sufría de diarrea crónica, la parte derecha de su cuerpo estaba tan pálida que transparentaba; la izquierda estaba cubierta por las llagas de la sarna y, cuando la lavaba con agua de mar, le escocía tanto que no hacía más que llorar. Visitaron un médico, delante de la estación de Shukugawa: «Tiene que tomar alimentos nutritivos», se limitó a auscultarle el pecho, como simple formulismo, sin darle siquiera una medicina; alimentos nutritivos como el pescado blanco, la yema de huevo, la mantequilla o el chocolate de Shangai que le enviaba su padre y que encontraba en el buzón al volver de la escuela, o las manzanas cuyo zumo tomaba al menor síntoma de indigestión, después de rallarlas y tamizarlas con una gasa; le parecía que todo aquello pertenecía a una época muy lejana, pero hasta dos años atrás lo habían tenido todo, ¡ no!, incluso dos meses antes su madre cocía melocotón en almíbar, abría latas de cangrejo, y él se negaba a tomar yókan[27] diciendo que no le gustaban las cosas dulces; la comida con arroz importado de China del día de la Gran Asia que tiró diciendo que olía mal; aquella comida vegetariana, poco apetitosa, del templo Manpuku del monte Oobaku; las bolas de harina con las que se atragantó, al comerlas por primera vez, ¡ahora parecían un sueno!

Setsuko ya ni siquiera tenía fuerzas para sostener la muñeca que había llevado siempre consigo, abrazada, y que balanceaba la cabeza a cada paso de su dueña, ¡no!, ¡peor aún!, los brazos y las piernas ennegrecidos por la mugre de la muñeca eran más carnosos que los de Setsuko; Seita se sentó en el dique del río Shukugawa; a su lado, un hombre que acarreaba hielo en el remolque de su bicicleta lo iba cortando con una sierra; Seita fue recogiendo aquel polvo de hielo y lo metió entre los labios de Setsuko. «Tengo hambre», «Sí, yo también», «¿Qué quieres comer?», «Tempítra, sashimi[28]... agar-agar», tiempo atrás, tenían un perro llamado «Beru», y Seita, que odiaba el tempura, lo guardaba a escondidas y se lo arrojaba al perro, «¿Nada más? Di lo que te gustaría comer, aunque sea sólo eso, es bueno recordar el sabor de estas comidas, ¿verdad?», el uosuki[29] de Maruman, en Dótonbori, que tomaban al regresar del teatro: tocaba a un huevo por cabeza, pero su madre ofrecía el suyo a Seita; la comida china del mercado negro de Nankinmachi adonde fue con su padre; y cuando, ante los hilos pegajosos de batata cocida azucarada, Seita dijo: «¿No estará podrido?», se rieron de él; los caramelos negros de las bolsas que preparaban para los soldados, de donde hurtaba uno; también había robado, a menudo, la leche en polvo de Setsuko; y canela, en los puestos de golosinas; los pasteles y la limonada de las excursiones; una vez había compartido su manzana con un niño pobre que no llevaba más que caramelos... «iSí! ¡Tengo que alimentar bien a Setsuko!», sentía una terrible inquietud al pensarlo, la cogió en brazos de nuevo y volvió al refugio.

Setsuko dormitaba, tendida en el suelo, abrazando la muñeca: Seita la observaba, «¿Y si me hiciera un corte en un dedo y le hiciera beber la sangre? ¡No! ¡Ni que me faltara uno, no pasaría nada! ¿Y si le hiciera comer la carne del dedo?», sólo el pelo le crecía abundante y vigoroso: «Setsuko, ¿te molesta el pelo?», la incorporó y empezó a hacerle una gruesa trenza; los dedos que se deslizaban entre su cabello iban sintiendo, mientras tanto, el tacto de los piojos, «¡Gracias, Seita!», con el pelo recogido, sus ojos se veían tan hundidos que llamaban la atención. ¿Qué debía estar pensando Setsuko?, era difícil adivinar con qué motivo lo hacía, pero cogió dos piedras que había al alcance de su mano, «¡Seita, torna!», «¿Qué?», «¿Te apetece comer algo? ¿Quieres tomar un té?», la niña parecía haberse animado de repente, «Después te daré orujo de soja cocido», y, como si jugara a las casitas, alineó piedrecitas y terrones de tierra, «¡Toma, sírvete! ¿No te apetece comer?»

El mediodía del veintidós de agosto, cuando Seita volvió al refugio después de nadar en el estanque, Setsuko estaba muerta. Su cuerpo no era más que huesos y piel, durante los dos o tres días anteriores ya ni hablaba, no apartaba siquiera unas hormigas grandes que se paseaban por su rostro; sólo al caer la noche parecía que iba persiguiendo con la mirada las luces de las luciérnagas, «Sube, baja, se ha parado», murmuraba bajito; una semana antes, tras anunciarse la rendición, Seita había gritado lleno de cólera: «¡Y qué está haciendo la flota!», al oírlo, un anciano que había a su lado afirmó con contundencia: «La flota se hundió hace tiempo y ya no queda ni un barco», «Entonces, ¿se habrá hundido también la fragata de papá?», mientras andaba, contempló la fotografía completamente arrugada que llevaba siempre junto a su piel, «¡Papá también ha muerto! ¡Papá también ha muerto!», su muerte le pareció mucho más real que la de su madre y, finalmente, aquel ánimo que le impulsaba a seguir con vida, a luchar por sobrevivir, él y Setsuko, desapareció y le embargó un sentimiento de indiferencia hacia su suerte. A pesar de ello, por su hermana, siguió recorriendo las cercanías; en el bolsillo tenía varios billetes de diez yenes que había sacado del banco y, a veces, conseguía algún pollo por ciento cincuenta yenes; o arroz, cuyo precio había subido, en un santiamén, a cuarenta yenes el shó, y lo ofrecía a Setsuko, pero la niña ya no podía aceptar la comida.

Noche de tormenta: Seita estaba agazapado en la oscuridad de la cueva con el cadáver de Setsuko sobre sus rodillas; aunque se adormeciera de vez en cuando, se despertaba al instante y seguía acariciando su cabello, con la mejilla apretada contra aquella frente helada, incapaz de soltar una lágrima. Entre la tormenta que bramaba enfurecida, ¡fiuu! ¡fiuu!, haciendo temblar violentamente las hojas de los árboles, creyó oír el llanto de Setsuko; y tuvo la ilusión de que empezaba a sonar, en alguna parte, el himno de la armada.

Al día siguiente, una vez hubo pasado el tifón, bajo aquel cielo sin nubes bañado por la luz del sol, que ya se había teñido de los colores otoñales, Seita subió a la montaña llevando a Setsuko en brazos; había ido a solicitar la incineración al ayuntamiento, pero le habían dicho que el crematorio no daba abasto y que aún quedaban por incinerar los cadáveres de la semana anterior, y tan sólo había recibido un saquito de carbón vegetal en el reparto especial, «Si es un niño, puedes pedir que te dejen incinerarlo en un rincón del templo. Desnúdalo, y si enciendes la hoguera con cascarilla de soja, arde muy bien», le había advertido el hombre del reparto con aires de estar acostumbrado a tales explicaciones.

Cavó una fosa en la colina, a cuyos pies estaba Manchitani, puso a Setsuko en la canasta de mimbre, embutió a su alrededor ropa, el monedero y la muñeca, extendió la cascarilla de soja tal como le habían aconsejado, amontonó bien la leña, vació sobre ésta el saco de carbón vegetal, puso encima la canasta de mimbre, encendió una astilla con azufre y, al arrojarla dentro, ¡patchi!, el fuego prendió, crepitando, en la cascarilla de soja; aquella humareda que danzó, indecisa, durante unos instantes, pronto se convirtió en una columna que apuntaba con vigor hacia el cielo; Seita sintió, en aquel momento, la necesidad de ir de vientre y se puso en cuclillas mientras contemplaba las llamas; también Seita estaba afectado por una diarrea crónica.

Al anochecer se levantó un poco de viento y, a cada ráfaga, el carbón vegetal rugía en tono quedo y se avivaba el rojo de las ascuas; en el cielo del atardecer, las estrellas; al mirar hacia abajo, en las hileras de casas del valle, libres desde hacía dos días del control de alumbrado, se veían, acá y allá, las luces añoradas; cuatro años atrás, cuando él había venido con su madre a recoger algunos datos sobre una candidata para la boda de un primo de su padre, recordaba haber contemplado desde el mismo lugar la casa de la viuda; era como si nada hubiera cambiado, en absoluto.

El fuego se extinguió a altas horas de la noche y, al no poder orientarse en las tinieblas para recoger los huesos, se acostó junto a la fosa; a su alrededor había una multitud de luciérnagas que Seita ya no intentó atrapar: con ellas, Setsuko no se sentiría tan sola» las luciérnagas la acompañarían..., subiendo, bajando, desviándose de repente hacia los lados, dentro de poco, también ellas desaparecerán, pero tú, Setsuko, irás al cielo con las luciérnagas. Se despertó al amanecer, recogió los huesos blancos, divididos en fragmentos diminutos, parecidos a trocitos de talco, y bajó de la montaña; en el fondo de una trinchera, detrás de la casa de la viuda, encontró la ropa interior del quimono de su madre hecha un ovillo y empapada de agua —sin duda la había olvidado en la casa y la viuda la había arrojado allí—, la recogió, se la puso sobre un hombro y se fue; ya no regresaría jamás a la cueva.

La tarde del veintidós de septiembre del año veinte de Shówa[30] Seita, que había muerto como un perro abandonado en la estación de Sannomiya, fue incinerado junto a los cadáveres de otros veinte o treinta niños vagabundos en un templo de Nunobiki y sus huesos fueron depositados en el columbario, los restos de un muerto desconocido.




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[1] Pañuelo para envolver paquetes. (N. de los T.)

[2] Unidad de longitud japonesa. Un shaku equivale a 30.3 centímetros. (N. de los T.)

[3] Moneda japonesa. Cien sen equivalían a un yen. (N. de los T.)

[4] Diferentes piezas que forman parte del quimono. El nagajuban es una prenda parecida a la combinación que se lleva debajo del quimono. El obi es el cinturón ancho que ciñe el quimono y el koshihimo, el cordón ceñidor que se pone debajo del obi. El han'eri es el cuello que se aplica al juban y que va debajo del quimono. (N. de los T.)

[5] Sandalias de madera. (N. de los T.)

[6] Año 1945 de nuestro calendario. (N. de los T.)

[7] Unidad de volumen. Un koku equivale a 180 litros. (N. de los T.)

[8] Estera gruesa de paja cubierta con un tejido de juncos japoneses que se instala sobre el suelo de madera. (N. de los T.)

[9] Año 1938. (N. de los T.)

[10] Calcetines japoneses. (N. de los T.)

[11] Juguete que consta de unas fichas de cristal, redondas y de un centímetro de diámetro aproximadamente. Se juega de una forma similar a las canicas. (N. de los T.)

[12] Gachas de arroz y legumbres. En época de guerra, la gente las comía debido a la gran escasez de arroz. (N. de los T.)

[13] Batata cortada fina y secada al sol. (N. de los T.)

[14] Plato de origen portugués que se compone de pescado y verduras rebozadas. (N. de los T.)

[15] Carrito tirado por un hombre. (N. de los T.)

[16] Puerta corredera enrejada con papel. (N. de los T.)

[17] Cascarilla de arroz y trigo tostada y molida. Se come disolviendo este polvo en agua y azúcar. (N. Je los T.)

[18] Año 1940. (N. de los T.)

[19] Unidad de volumen que equivale a 1,8 litros. (N. de los T.)

[20] Peces de pequeño tamaño que se encuentran en aguas cálidas y poco profundas, especialmente entre las rocas. (N. cíe los T.)

[21] Unidad de volumen que equivale a 18 litros. (N. de los T.)

[22] Carpa de tela. Las carpas simbolizan la fuerza ya que remontan la corriente. El día 5 de mayo, festividad de los niños varones, se alzan, ensartadas en un palo largo, una carpa negra y una roja, que simbolizan al padre y a la madre, y otra pequeña que representa al hijo, con la finalidad de que los niños crezcan fuertes y sanos. (N. de los T.)

[23] Se trata de los kamikaze. (N. de los T.)

[24] Se refiere a Che Yin, un hombre de letras del siglo IV, quien, según la leyenda, estudiaba por las noches a la luz de las luciérnagas. (N. de los T.)

[25] Año 1935. (N. de los T.)

[26] Unidad de peso. Un momme equivale a 3.75 gramos aproximadamente. (N. de los T.)

[27] Pasta de judías endulzadas. (N. de los T.)

[28] Lonjas de carne cruda de pescado. (N. de los T.)

[29] Plato que consiste en pescado y verduras cocidas. Suele cocinarse, como el sitkiyaki, en la mesa con un hornillo y se moja el pescado y las verduras en huevo crudo antes de comerlos. (N. de los T.)

[30] Año 1945. (N. de los T.)
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